Valoriser l’eau de pluie dans les villes

Autrefois chassée avec les déchets, l’eau de pluie tend à être considérée comme une ressource utile et valorisable. Les mentalités évoluent en ce sens, à l’image de la ville de Paris qui vient d’adopter le plan ParisPluie. Ce plan ambitieux a pour objectif d’infiltrer ou de réutiliser l’eau de pluie au plus près de l’endroit où elle tombe, au lieu de la mêler aux eaux usées qui sont déversées dans la Seine sans être traitées.

 

C’est vers cet esprit que tendent bon nombre de villes du monde entier. Mais c’est aussi un défi collectif qui consiste à modifier les comportements, non pas en maîtriser l’eau de pluie, mais en l’adoptant comme une ressource naturelle indispensable pour le bénéfice de tous.

En France, toutes les communes pourraient adopter un pareil objectif en changeant la perception qu’elles ont de l’eau pluviale qui ruisselle pour finir d’alimenter les rivières.

Impact écologique de la valorisation de l’eau de pluie

Bureaux Ministère des Finances, Noisy-le-Grand, architecte Paul Chemetov – © Ecovégétal

La ville de Paris est dotée d’un système d’évacuation des eaux pluviales dit « unitaire » datant du XIXème siècle qui transporte à la fois les eaux pluviales et les eaux usées. Il a pour principal inconvénient de devoir relâcher une partie des eaux transportées, sans traitement préalable, dans la seine en cas de fortes précipitations.

Néanmoins la rénovation du réseau dans les années 2000 a permis de réduire les rejets de 85%. L’objectif est dorénavant de les réduire de 100%.

C’est ainsi que près de 3 millions de m3 d’eaux usées sont déversées chaque année dans la Seine.

Les mesures du zonage pluvial

Changer la conception de l’aménagement de la ville en intégrant dans chaque projet de construction ou de rénovation, la notion de « ressource naturelle valorisable ». Les solutions ne manquent pas :

  • développer les toitures et façades végétalisées à l’image du plan Parisculteurs,
  • aménager des noues drainantes ou des fossés d’infiltration,
  • développer les surfaces perméables piétonnes et routières,
  • récupérer l’eau de pluie et la réutiliser pour l’arrosage des jardins

A travers le monde, les retours d’expérience de ce type montrent des effets positifs sur bien des aspects : réduction du risque d’inondation, développement de la biodiversité, diminution des ilots de chaleurs, réduction de la pollution des rivières, sentiment de bien-être, création d’activités maraichères et donc d’emploi …

Pour y arriver, il n’y a pas d’autre solution : annexer le zonage pluvial au plan local d’urbanisme (PLU) et imposer les prérogatives du plan ParisPluie dans tous les permis de construire déposés. Désormais, tous les acteurs publics et privés sont impliqués dans l’aménagement de la ville en gérant autrement l’eau pluviale : les services techniques de la ville de Paris, les propriétaires et gestionnaires d’immeubles, l’ensemble des maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre et bureaux d’études. Ils sont amenés à gérer différemment leurs eaux pluviales, à toutes les étapes d’aménagement de la ville :

 

  • Conception d’un projet immobilier,
  • Construction, entretien ou encore rénovation des lieux et espaces de vie tels que les immeubles, les commerces, les bureaux et les équipements publics,
  • Réaménagement d’un quartier, d’une rue, d’un parc, d’un jardin, d’une terrasse.

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