Les assises de l’eau 2018

Lancement des assises de l’eau

Les assises de l’eau ont été inaugurées par Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique. Elles émanent du fait que notre réseau de distribution d’eau est vétuste et que son état est à l’origine d’un grand nombre de fuites d’eau (de l’ordre de 400 000 piscines olympiques par an). Le gouvernement a par conséquent souhaité lancer une grande concertation ayant pour objectif la rénovation du système de distribution d’eau potable en France afin de réduire le gaspillage d’eau et d’améliorer la qualité de l’eau.

L’état de la distribution d’eau en France

  • Réseaux de canalisations totalisant un million de kilomètres
  • 19 millions de mètres cube d’eau acheminés par jour
  • 25% de l’eau pompée sont perdus à cause des fuites sur les réseaux
  • 90% des 20 000 stations d’épuration des eaux usées en France sont en mauvais état

Le dernier grand investissement sur les infrastructures de réseaux et de traitement d’eau date de l’après seconde guerre mondiale. Il faut donc faire, ce qui n’a jamais été fait auparavant, en modernisant les infrastructures existantes tout en anticipant les besoins futurs afin d’éviter de se retrouver dans la même situation dans 70 ans ou 150 ans…

Les assises de l’eau

Face à cet immense gâchis à la fois écologique et économique, les assises ont pu démarrer a consultation a démarrer avec l’ensemble des fédérations. Elles se tiendront jusqu’en octobre 2018. Le ministère a lancé dans le même temps lancé une consultation auprès des maires et des élus locaux en charge de la compétence eau et assainissement. Le but : obtenir un diagnostic sur l’état des réseaux et recueillir les propositions des collectivités pour les moderniser.

Un renouvellement tous les 150 ans

Le rendement moyen des réseaux d’eau potable en France ne dépasse pas 78 %. Sur 100 litres d’eau pompés dans les nappes, 22 litres n’arrivent pas jusqu’aux robinets. Cette moyenne cache des situations disparates. « Il y a des endroits avec des niveaux de rendement de 90 à 95 %, et d’autres où un litre d’eau sur deux est perdu », constate Sébastien Lecornu.

Au rythme actuel, le renouvellement des réseaux n’est assuré que tous les 150 ans, alors que leur durée de vie est de 60 ans. La plupart des réseaux d’eau et d’assainissement en zone rurale remontent à l’époque des grands travaux réalisés après-guerre par l’État. Ils sont donc en fin de vie, mais les collectivités locales n’ont pas les moyens de financer leur remise en état.

« En Guadeloupe, 20 % de la population subit des coupures d’eau quotidiennes. Cela pourrait arriver en métropole si on ne fait rien », prévient le secrétaire d’État.

« Une eau de qualité, cela a un coût »

En 2017, le déficit annuel d’investissement était estimé entre 776 millions et 3,1 milliards d’euros par l’Union nationale des industries et entreprises de l’eau et de l’environnement (UIE). Une hausse des factures dans certaines communes n’est pas exclue, alors que l’eau est plutôt bon marché en France par rapport à la moyenne européenne. « Le choix du prix de l’eau appartient aux élus. Mais il y a une réalité : une eau de qualité, cela a un coût. Certaines collectivités ont trouvé le juste prix », explique Sébastien Lecornu. Les autres collectivités seront incitées à suivre ces exemples vertueux, après des décennies de sous-investissements.

Le rattrapage pourrait représenter de 10 % à 41 % du prix actuel de l’eau potable s’il devait être supporté par les seuls consommateurs, selon l’UIE. Soit un surcoût de 25 à 100€ par an sur la facture moyenne d’un foyer de trois personnes (120m³). Un tel niveau de hausse serait très impopulaire. L’État réfléchit à d’autres solutions pour venir au secours des collectivités locales sans augmenter les dépenses publiques. « Il faut imaginer de nouveaux montages financiers, solliciter l’argent du privé, des banques, de la Caisse des dépôts, ainsi que des crédits européens », avance Sébastien Lecornu.

Le gouvernement compte aussi sur les économies réalisées grâce à la fin du gaspillage. « L’eau aujourd’hui perdue sera facturée aux consommateurs. Cela permet d’amortir des investissements sur 50 ou 60 ans », assure le secrétaire d’État.

Manque d’investissement

Depuis, il y a eu peu de remise à niveau de grande ampleur. On est aujourd’hui sur un rythme de renouvellement de 150 ans des réseaux d’acheminement de l’eau potable, alors qu’ils sont faits pour durer une soixantaine d’années.

Quant au stations d’épuration 90% d’entre elles ont plus de 40 ans. Et c’est dans les zones rurales que la situation est la plus problématique, les communes n’ayant ni les moyens, ni la main d’œuvre pour mener à bien une rénovation complète.

Un comité de pilotage va donc à partir d’aujourd’hui avoir pour tâche d’établir un diagnostic précis, de chiffrer le financement nécessaire et de monter des projets d’investissements pour ces communes. Des assises de l’eau devraient ensuite se tenir cet été et aboutir à un plan anti-fuites.

Consultation pour les élus de tous les territoires du 27 avril au 25 mai 2018

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