Le prix de l’eau va t-il augmenter ?

L’eau est un bien commun. Son accès est un droit fondamental et universel. Pour aller dans ce sens, il est essentiel que la France assure à chaque habitant une distribution d’eau de qualité, de manière pérenne également pour les générations futures qui ont été les grandes oubliées des politiques passées, nous le constatons aujourd’hui.

Le prix de l’eau
Le prix moyen du service de distribution d’eau en France est de 3,56 € le mètre cube. Il n’est pas le plus élevé parmi les autres pays européens puisqu’il est 20% moins cher qu’en Belgique ou 30% moins cher qu’en Allemagne. Que l’eau soit gérée en régie (par la commune) ou que sa gestion soit déléguée à une entreprise privée, le prix de l’eau se compose de la même manière. Il englobe les coûts de captage, de traitement, de contrôle de qualité et de livraison jusqu’au robinet, sans oublier les taxes et redevances.

En 2017, le prix moyen global l’eau en Europe (eau potable et assainissement) est de 4.01 €/m3 :

  • 6,61 € au Danemark ;
  • 5,21 € en Allemagne ;
  • 4,56 € aux Pays-Bas ;
  • 4,47 € en Finlande ;
  • 4,41 € au Royaume-Uni ;
  • 4,25 € en Belgique ;
  • 3,56 € en France ;
  • 3,39 € en Suède ;
  • 2,24 € en Espagne ;
  • 1,43 € en Italie.
    (source : http://www.fp2e.org)

L’état du réseau d’eau potable en France
Le réseau d’eau potable en France est vieillissant. Il date parfois de plus de 100 ans par l’absence de rénovation ou de remplacement des canalisations. Cette situation est d’autant plus vraie en milieu rurale avec des canalisations corrodées, présentant de véritables risques sanitaires pour les consommateurs. Face à cette vétusté, on estime ainsi à plus de 25% le taux de fuite dans le réseau.
Aujourd’hui, nous nous retrouvons donc devant une équation qu’il va falloir résoudre rapidement. Le manque de volonté politique des dernières décennies devra être rattrapé, mettant les communes en première ligne puisqu’elles sont propriétaires des tuyaux.

Les assises de l’eau : Acte 1
La première phase des assises de l’eau organisées par le gouvernement a pris fin au mois de juillet, regroupant pendant 2 mois les professionnels du secteur.
Elle a conclu sur la nécessité de pérenniser notre système de distribution d’eau pour les générations futures et d’assurer une qualité optimale de d’eau en rénovant de manière urgente les réseaux les plus vétustes et dangereux ainsi que les stations d’épuration vieillissantes dont 90% d’entre-elles ont plus de 40 ans d’âge.

Le financement
Le rattrapage de l’absence d’investissement dans la rénovation des canalisations et des usines d’assainissement vieillissantes reste à faire. Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez, rappelle « qu’il y a trois manières de financer la rénovation de notre réseau, et c’est aux hommes politiques de prendre la décision : le tarif, l’impôt ou la dette, qui se transforme finalement en impôts ». Sauf que l’équation à résoudre n’est pas aussi simple que cela dans un contexte budgétaire contraint qui rend plus complexe le lancement de nouveaux chantiers. Il va néanmoins falloir agir. Notamment en réévaluant le juste prix de la distribution de l’eau pour qu’il soit en adéquation avec les enjeux du XXIème siècles décrits pendant les assises de l’eau, de manière à ce que les générations futures ne puissent pas se retrouver dans une pareille situation. C’est un devoir et une responsabilité qui nous incombe.

La piste de l’augmentation du prix de l’eau est ainsi ouverte. On évoque par exemple une augmentation de 10% de la facture, soit 3,30 euros supplémentaires par mois pour une famille. La réponse sera donnée fin août par le gouvernement qui présentera un plan de relance des investissements.




Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :