Au Pakistan, l’eau est un poison mortel

La crise de l’eau au Pakistan

On en parle peu dans la presse, même internationale. Il se joue au Pakistan un drame dont ne peut rester sourd. 100 millions de cas de maladies diarrhéiques sont enregistrés dans les hôpitaux et 40  % des décès sont attribués à la consommation d’une eau polluée. En effet, 62% de la population urbaine du Pakistan et 84% de sa population rurale ne traitent pas l’eau, ce qui provoque une situation sanitaire catastrophique.

Enfants buvant de l’eau d’un puits à Islamabad, Pakistan, juillet 2017. (photo Reuters : Caren Firouz)

 

 

L’eau contaminée est l’une des principales sources de propagation des maladies. On estime ainsi que plus 250 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année du fait de maladies transmises par l’eau. C’est un aussi un fléau économique que les autorités peinent à endiguer : les maladies transmises par l’eau coutent à l’économie pakistanaise 1,3 milliard de dollars chaque année. L’allocation budgétaire pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement s’élève à moins de 0,2% du PIB. Le Pakistan est donc dépassé par la catastrophe. Il peine à trouver les moyens de répondre aux enjeux vitaux et fondamentaux des populations.

L’eau en en quelques chiffres

  • Quatre cinquièmes de toutes les maladies sont causées par des maladies transmises par l’eau, la diarrhée étant la principale cause de décès chez les enfants.
  • Les maladies transmises par l’eau telles que le choléra, la typhoïde, l’hépatite A et E et la diarrhée sont très répandues dans le pays. Non seulement les zones rurales arriérées sont confrontées à cette menace, mais les habitants des centres urbains congestionnés souffrent également de maladies transmises par l’eau.
  • L’OMS signale que 25% à 30% de toutes les admissions à l’hôpital sont liées à des conditions bactériennes et parasitaires d’origine hydrique, 60% des décès infantiles étant dus à des infections d’origine hydrique.
  • La plupart des pakistanais ont accès à une seule source d’eau (polluée). Il peut s’agir d’une rivière, d’un étang ou d’une source de pluie à proximité d’un bassin récepteur ou d’un ruisseau. Typiquement, la source d’eau est utilisée aussi bien par les humains que par les animaux. Les habitants l’utilisent pour se laver, laver le linge mais aussi pour boire et cuisiner.
  • Les canalisations d’eau potable qui côtoient celles des égouts sont vétustes et contaminées par les très nombreuses fuites.
  • La contamination des cours d’eau et des rivières provient des produits toxiques rejetés par les industries.
  • Tous les déchets ainsi que l’eau extrêmement contaminée rejoignent la mer d’Arabie sans aucun traitement. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup de pays

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    L’eau rare même polluée est puisée n’importe où, pour les besoins quotidiens (source gulfnews.com)

Du point de vue des médias locaux pakistanais

Selon les médias locaux et les institutions qui ont l’air de minimiser le problème, les effets du changement climatique ont commencé à se faire sentir. Les températures extrêmes provoquent des inondations et des  sécheresses, ce qui entraîne une détérioration de la qualité de l’eau, des problèmes de santé, qui influencent la dynamique politique et économique de tout pays. Selon le Conseil pakistanais de la recherche sur les ressources en eau, il est difficile de prédire la disponibilité de l’eau … Elle risque de devenir rare au Pakistan d’ici 2025 …

Selon le Conseil de recherche agricole du Pakistan, l’agriculture reçoit près de 90% de l’eau douce disponible. Par extension, cela signifie que l’eau est une source majeure et nécessite donc de meilleures politiques et une meilleure gestion. La construction immédiate des barrages de Diamer-Bhasha et de Mohmand autorisée par la cour suprême ne modifiera pas les méthodes culturales visant à économiser l’eau, influençant d’avantage sur la disponibilité de l’eau pour les besoins quotidiens des populations.

Plus d’info :
https://www.arte.tv/fr/videos/080327-000-A/l-eau-un-poison-mortel-au-pakistan/

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