L'eau de pluie et sa qualité
La formation de la pluie résulte de la condensation de l’eau
contenue dans l’air, qui contient des gaz provenant du milieu
naturel, de l’activité industrielle, de la combustion des produits
fossiles riches en soufre et de la circulation automobile. Ces gaz
circulent dans l’atmosphère, se dissolvent dans la vapeur d’eau et
se tranforment en acides (notamment sulfurique et nitrique) :
l’oxyde d’azote formera de l’acide nitreux HNO2 et de l’acide
nitrique HNO3, tandis que le dioxyde de soufre produit de l’acide
sulfureux H2SO3 qui s’oxyde dans l’air en acide sulfurique H2SO4.
C’est ainsi que la pluie acquiert naturellement son caractère
légèrement acide.
Origine de l'acidité de l'eau de pluie
Le dioxyde de soufre (SO2) est émis principalement par la
combustion énergétique et industrielle, les oxydes d’azote
(NOx) sont issus du transport routier et dans une moindre
mesure de la production électrique et industrielle. L’ammoniac
a quant à elle pour origine principale l’agriculture.
Composition moyenne de l’eau de pluie
L’eau de pluie est composée pour l’essentiel de sulfate, de
sodium, de calcium, d’ammonium, et contient même des nitrates à l’état de traces. La concentration des composés de l’eau de
pluie varie en fonction de la géographie mais également en
fonction des caractéristiques environnementales du lieu
concerné.
Bien qu’il existe en France un réseau de mesure de la qualité des
eaux de pluie, il n’y a pour ainsi dire aucune étude concernant la qualité de l’eau de pluie stockée dans les cuves. Au regard des
nouvelles tendances d’équipement pour l’habitat, il serait
pourtant intéressant de connaître les facteurs faisant varier la
qualité de l’eau de pluie stockée dans les cuves enterrées servant à alimenter les bâtiments en fonction de l’environnement (zone
urbaine ou zone rurale), ou de la géographie. Et ceci suivant différents
cas : cuves en béton préfabriquées ou maçonnées, cuves
en polyéthylène, cuves circulaires ou parallélépipédiques, temps
de stockage, profondeurs d’enfouissement, nature de la toiture et
de la gouttière concernées, etc.
Les seules analyses de qualité connues sont celles qui ont été
réalisées dans les laboratoires de l’université de Liège en
Belgique (Fondation universitaire luxembourgeoise à Arlon) sous
la direction du Professeur Paul Vander Borght (voir tableau cidessous).
Variabilité de la qualité de l’eau de pluie
Il y a un lien naturel entre qualité de l’air atmosphérique et qualité
de l’eau de pluie. Comme on l’a vu précédemment, les différences
de qualité de l’eau de pluie dépendent principalement de
l’influence des zones industrielles (activités anthropiques) où
l’atmosphère se trouve particulièrement chargée en gaz et en
particules émises par l’activité routière et industrielle.
On peut cependant noter quelques caractéristiques régionales,
marquées par la géographie. Aux abords de l’océan atlantique et
de la mer méditerranéenne par exemple, l’eau de pluie a une
concentration plus marquée en chlorures, potassium, calcium,
magnésium et sodium. Le pH est le premier paramètre analysé, sans doute parce qu’il
est simple à mesurer. Sur une même région, l’acidité de l’eau de
pluie peut varier d’un pH 4 à un pH 7 (eau neutre). De par
l’influence maritime et l’absence d’activité industrielle, l’eau de
pluie peut avoir un pH variant de 7 à 8.
Au Nord-Est de la France, le pH oscille entre 4 et 6 du fait de la
présence de dioxyde de soufre dans l’atmosphère et d’oxyde
d’azote émis principalement par l’activité routière et les industries
très concentrées dans cette région. En revanche, dans le Sud-Est
de la France et en dehors des grandes zones urbaines et industrielles,
on atteint généralement des valeurs proches de 7. Les
régions les plus ouvertes à la façade maritime ont quant à elles
une eau de pluie très faiblement acide avec un pH proche de la
neutralité.
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